On l’a fait !

Avant toute chose, je tiens à nous autoféliciter pour avoir repoussé aussi loin nos limites physiques mais surtout mentales.
En effet, nous sommes des trekkers débutants mais encore plus quand on parle de trek de 10 jours! Il faut pouvoir gérer son stress, la maladie (rhino + Tourista), l’absence d’hygiène (1 douche pendant le trek, l’homme devient ours, les fées, fennecs , le froid (l’eau gelait dans les chambres), les courbatures, et presque le plus difficile : la même nourriture au petit déj, la même nourriture le midi et le soir…

Vous avez le cornélien choix entre le célèbre Dal Bhat (riz+lentilles+spinachs), les noms moins célèbres MoMos (ravioles aux spinachs) et les cultissimes soupes de noodles… Oubliez viandes et vins rouges équipez-vous de vos pastilles purificatrices d’eau, lacez vos godillos et c’est parti pour le trek de l’Héritage Tamang !

1er jour – Jeep (Katmandou – Syabrubesi)
6 heures de Jeep épiques en compagnie de notre fine équipe : Elod, Sandy et moi, Pemba (notre guide, génial : pemba_sherpada@yahoo.co.in), Dawa et Chang (nos sherpas porteurs). Pourquoi épique ? Tout simplement parce que certains passages ressemblent plus à des chemins de randonneurs qu’à une route pour véhicules…
C’est avec les mains moites et un grand ouf qu’on arrive à Syabrubesi, première étape de notre trek à 1500m d’altitude.

Route vers Gatlang © Topich

Route vers Gatlang © Topich

2ème jour – Distribution (Syabrubresi – Gatlang)
On attaque directos par une montagne… Le démarrage est délicat mais pour Chang aussi qui porte une gigantesque hotte de plus de 20 kg avec son front… Premières rencontres avec le peuple tamang, tout simplement un autre âge (les plus chanceux ont l’électricité depuis 4 ans) et première distribution de bonbons, de cahiers et de feutres aux enfants des villages qui s’empressent de se jeter à terre pour gribouiller dans la poussière.
Après 5h de marche : Cuisine ! Préparation de nos premiers MoMos.
Je suis le premier à tomber malade. Le trek va être long.  

Et premiers coloriages © Sandy

Et premiers coloriages © Sandy

3ème jour – Dawa (Gatlang – Tatopani)
La journée débute par la rencontre de Dawa, une mémé tamang de 70 ans au regard malicieux qui décide de faire un bout de chemin avec nous. Les pieds vissés dans ses mini runnings, elle suit le train et n’hésite pas à nous rattraper en courant (!) quand elle perd du terrain.

La désormais mémé Tamang édentée qui nous a suivis avec ses petites runnings. © Topich

La désormais mémé Tamang édentée qui nous a suivis avec ses petites runnings.
© Topich

2h30 plus tard on se sépare (elle part visiter sa famille) et on félicite l’athlète par deux barres de Twix qu’elle s’empresse de fourrer dans sa poche.
La suite est plus délicate, 3h de montée presque fatales à Sandy et moi… Devant Elod sautille comme un cabri.

Arrivés tant bien que mal à 2600m d’altitude, on est récompensés par un bain bouillant dans des termes de sources chaudes couleur rouille. Pas d’hésitation, on s’y prélasse quasi-nus sous les regards intrigués des autres baigneurs…  

4ème jour – L’attaque (Tatopani – Thuman)
Difficile de remettre la chaudière en marche, on débute par la forêt. On repère une famille d’une vingtaine de singes blancs et noirs à longue queue que Pemba s’amuse à exciter. La réponse ne se fait pas tarder : on voit arriver en plein sur nous un gros pavé lancé (??) par un gros mâle.
On ne traîne pas trop et on file vers Naghtali à 3165m pour vue grandiose sur les sommets.

Chang et sa hotte

Chang et sa hotte

Dur de dormir sans toit à 3165m... © Topich

Dur de dormir sans toit à 3165m…
© Topich

La fine équipe s'étiole

La fine équipe s’étiole

Puis descente vers Tuman certainement le village le plus reculé… Pas d’électricité, vent glacial on se réchauffe avec un mustang coffee (café, saké, beurre, riz et tout le tsoin tsoin) et des chansons népalaises.  

5ème jour – Le Tibet (Thuman – Timure)
Ce cinquième jour, on se lève avec les guibolles dures comme du bois et la descente vers Timure est particulièrement difficile avec la fatigue accumulée. On arrive sur une route en construction à la frontière du Tibet, le moral dans les chaussettes…

Même Buddha a du mal face au feu... © Topich

Même Buddha a du mal face au feu…
© Topich

 

6ème jour – Petites douceurs (Timure – Briddhim)
Sandy a repris du poil de la bête et on attaque à nouveau une belle ascension en direction de Briddhim où on côtoie le bonheur enfin exposés plein sud… Lecture, bronzage, apéro, plaisirs locaux et pour couronner le tout : Douche chaude !  

(En descente) © Topich

(En descente)
© Topich

7ème jour – Second souffle (Briddhim – Thulo Syaphru)
L’embellie se confirme pour les demoiselles qui escaladent à une allure hallucinante les 3h de montée vers Thulo Syaphru. Elod s’amourache d’un chaton sans queue et nous nous réchauffons autour du poêle.  

Traversée

Traversée

8ème jour – Crevaison (Thulo Syaphru – Shin Gompa)
Il faut croire qu’elles avaient tout donné la veille. Les filles sont ronchonchons ! On est usé…
C’est interminable et c’est sur les rotules qu’on accède au point culminant de notre trek 3400m, seuls au monde ? Non premières touristes croisées après 8 jours : deux petites soeurs finlandaises dodues. On savoure le fromage de yak généreusement offert.  

9ème jour – Christmas (Shin Gompa – Dhunche)
5h de descente pour retrouver la « civilisation » et goûter à nouveau au poulet…
Le soir c’est Noël, les filles sont maquillées, en tenue de soirée (débardeurs / polaires) et on s’offre plein de cadeaux qu’on avait pris le temps de chiner à Katmandou. On s’est même offert le luxe de s’offrir une bouteille de vin rouge moelleux.
Bonne humeur générale, Pemba arrive avec un beau gateau et Chang un peu emméché fait les yeux doux à Sandy.

Merry Christmas !  

Fougueux ? © Topich

Fougueux ? © Topich

10ème jour – L’accident (Dhunche – Katmandou)
Quel retour les amis !
La veille, un minibus a fauché 3 femmes sur le bord de la route, deux ont perdu la vie.
Réunion de crise, grève, la colère monte. Le chauffeur devra s’acquitter d’un montant de 10 000 euros par victime et Pemba ne nous rassure pas en nous indiquant que désormais la route est bloquée par la population, et la police tente de calmer les plus enragés qui sont susceptibles de balancer des caillasses sur les véhicules qui tenteraient de passer…

Gloups.

On part quand même en compagnie de touristes serrés comme des sardines à 11 dans la petite jeep. Douanes, stops, discussions, négociations tous les km…
Le retour est éprouvant.
Pemba use de toute sa finesse pour déjouer les contrôles et c’est soulagés que nous rejoignons la pollution de Katmandou…  

Dur de vous rapporter une telle expérience, je laisse place aux photos qui parlent plus qu’un long discours. Joyeuses fêtes à tous et rdv en Thaïlande !!