5ème étape : Queenstown

Nous arrivons pouilleux et poussiéreux dans Queenstown, capitale des sports extrêmes. Une douche salvatrice nous permet de retrouver la civilisation avec un peu plus de décence.
On a mis le prix (47$) mais on a réussi à voir ce satané kiwi ! Bon ok, dans une salle quasi noire mais on ne pouvait pas quitter l’île sans voir cet animal emblématique qui disparaît peu à peu au contraire des possums -importés par 2 frères australiens pour un commerce de fourrure puis relâchés dans la nature et qui se sont multipliés pour devenir une véritable plaie pour l’écosystème.


On renonce au survol des fjords en avion : un peu chero les 190 dollars / 12 minutes… On remet donc un peu d’huile de coude dans la Crazy Pumpkin pour rejoindre Glenorchy et sa route « Stunning » jonchée de possums fracassés tout le long d’un gigantesque lac d’un bleu irréel. On est stoppé dans notre élan par des gués en crue, un peu trop profond même pour notre vieux briscard de van…

6ème étape : Milford Sound – Fjord

La journée qui suit est pluvieuse. Tant pis, on en profite pour avancer pour rejoindre le célèbre Fjord de Milford avec pas mal d’incertitudes… Il pleut depuis 2 semaines dans le fjord et la route est devenue dangereuse.
Alors qu’il pleut désormais des trombes d’eau, l’arrivée au fond de ce fjord dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer. Les rivières se changent en torrents et sont toutes sorties de leurs lits. On est au fond d’une sorte de gigantesque canyon encerclés par des murs de granit noirs si grands qu’on n’en voit pas le sommet. Et comme un barrage prêt à exploser, des centaines de cascades se forment. ça déborde de toute part. Chaque pont est une épreuve, certains panneaux nous invitent à appuyer sur le champignon sur quelques centaines de mètres pour éviter les rochers, véritables morceaux de montagnes qui pourraient se décrocher. L’impression d’affronter les éléments dans une épopée biblique.


On arrive trempés jusqu’à l’os au bout de la route. La météo annonce une folle rumeur : le ciel devrait se dégager le lendemain. Impossible à croire mais plein d’espoir, on réserve une virée en kayak pour naviguer dans ses fjords et ses eaux noires parfois profondes de 300 mètres.
On s’apprête à cuire nos pâtes dans le van qui se transforme en hammam quand soudain la pluie s’arrête. Les nuages s’évaporent en quelques instants pour un crépuscule féerique teinté de rose. Il est 8h du soir, on reste pour une fois insensibles à ces nuées de sandflies, muets devant le spectacle éphémère de ce fjord qui replonge dans l’obscurité.

Le lendemain, la prophétie s’est réalisée, c’est à coup de pagaies et sous un soleil éclatant qu’on découvre un paysage jusqu’alors insoupçonné dont le calme est régulièrement entrecoupé par ces va-et-vient de touristes par la mer ou les airs (600 000 par an dont 300 000 chinois !)

7ème étape : Retour à Christchurch

La route est longue mais belle et parsemée d’arrêts bucoliques : balades dans les Catlins, Dunedin, baie d’Otago mais la fatigue commence à se faire ressentir. Voilà les 3 000 km en 2 semaines allègrement dépassés.

Christchurch, théâtre d’un terrible tremblement de terre en 2011 (un parmi les 1200 par an en Nouvelle-Zélande) se remet difficilement. Et on ne peut pas passer à côté de son église écroulée ou de ses immeubles éventrés. La loose du départ nous gagne, on en profite pour refaire un dernier périple nature : direction Akaroa, ses accents coloniaux français et ses criques volcaniques isolées.

Notre périple s’achève avec une journée farniente (mieux vaut tard que jamais). On rend la Crazy Pumpkin qui commence à cracher ses poumons en redoutant les 30 heures de vol qui nous attendent.
On repart heureux, avec le sentiment d’avoir la chance de vivre un roadtrip entre amis (Merci !). « Ce n’est pas tant où l’on va qui compte mais avec qui… »
Une valise de souvenirs mémorables, des paysages grandioses, l’Aventure qui vit, qui brûle.

Vivement le prochain tome…